# STUCK IN A MOMENT.

# STUCK IN A MOMENT.

C'est triste, mon ange, vraiment, c'est triste. Triste qu'il ait fallu que je tombe presque amoureuse d'un autre pour que tu me vois enfin, triste qu'on ne puisse jamais être ensemble. Triste de t'avouer que je suis jalouse, un peu, et que tu me répondes que toi aussi, tu n'apprécies pas de savoir que d'autres me touchent. Triste de se mentir, de se voiler la face, tout en sous-entendant qu'on devrait essayer. On est des rêveurs, toi et moi, et c'est vrai, l'amour, on prend ca au sérieux, pas comme les autres... Mais je crois que ce n'est pas une bonne idée. Ils ont raison, les autres, tu sais, même s'ils n'ont pas ce qu'on peut avoir. Bien sûr qu'on a l'étincelle, c'est bien plus qu'une étincelle, c'est un incendie qui brûle dans ma tête quand je me rappelle de nous. Tu voudrais t'y consumer, moi pas. Oui, je suis une rêveuse, mais j'ai un pied ancré dans la réalité, la sale réalité de la vie qui me rappelle que ca ne marche pas comme ca. Tu préfères brûler vif que vivre à moitié, je vais plutôt me protéger de toi, de ce qu'on pourrait être. On a la même conception de l'amour, de toutes ces bêtises, on a quelques héros en commun, mais ca ne suffit pas. Ca ne suffit pas à dépasser ton égocentrisme et ma futilité, ca ne suffira pas à ce qu'on puisse se supporter. Et ton absence, ton manque de temps. Non, ca ne suffirait pas. On est faits pour s'aimer de loin, s'apprécier à distance, à travers des écrans de mots ou un nuage d'alcool. Trop instable, trop excessif, trop idéaliste, tu me ressembles trop. On est pareils, toi et moi, et c'est à la fois ce qui me fait rêver de tes bras et me pousse à les fuir.

# Posté le mardi 06 octobre 2009 17:53

# HE TOLD ME I CAN'T SMILE.

# HE TOLD ME I CAN'T SMILE.

Elle laissait toujours un peu de rouge sur les filtres de ses cigarettes. Et chaque matin, une empreinte de ses lèvres sur ma joue, tatouage éphémère. Elle partait travailler et me confiait à Morphée. Rentrait le soir, m'embrassait, s'occupait de moi. Mais avec le temps, ses mots se faisaient rares, l'empreinte de plus en plus légère, jusqu'au jour où il n'y en a pas eu. Où elle n'est pas revenue. Ce que j'avais fait? Je ne sais pas, ou je ne veux pas savoir. Je crois que mon apathie la fatiguait, elle disait souvent qu'elle avait envie de partir sans se retourner, d'aller ailleurs. Pourtant, je suis sûr que m'abandonner lui a coûté. Qu'elle a sans doute mis des mois à se décider, ces mois où elle parlait à peine, où le rouge à lèvres disparaissait peu à peu. Je ne l'ai pas vu, je ne voulais pas le voir. Où je suis sans elle, hein? Elle m'a rendu dépendant sans s'en rendre compte, et elle m'a laissé quand je ne suffisais plus à la rassurer. Parce que je la rassurais, évidemment. Mes bras l'éloignaient de ses démons, elle s'accrochait à moi, la nuit, après ses cauchemars. Mais quand elle n'a plus eu besoin de soutien, quand elle a été suffisament forte... Ou suffisament épuisée. Où est-elle partie? Je n'ai pas de nouvelles, personne n'en a. Elle a disparue, partie un soir, et je reste ici, en espérant qu'elle revienne.

# Posté le jeudi 03 septembre 2009 18:39

# EVEN COWGIRLS GET THE BLUES.

# EVEN COWGIRLS GET THE BLUES.

Quand je te sens comme ca, d'humeur bleue, fatigué et pensif, je ne peux pas m'empêcher de m'attendrir. J'ai à moitié envie de te gifler, à moitié envie de te consoler. J'aime t'écouter parler, mais tu ne dis jamais rien. Moi aussi, j'ai mes heures bleues, tu le sais bien. Et moi non plus, je ne parle pas dans ces moments où les souvenirs me tourmentent, où j'imagine ce qui aurait pu être, et n'a pas été. Et ne sera jamais. Les regrets et les illusions me pousseraient dans le fossé, si je les écoutais. Mais il y a ce qui nous tient ensemble, ces ressemblances et ces différences qui nous entrainent l'un vers l'autre. Nos contradictions un peu trop évidentes nous forcent à avancer. Pour l'instant, l'un avec l'autre, mais pour combien de temps? Pour combien de temps? Les jours sont comptés avant qu'on ne se perde, que nos chemins se séparent. Et ce n'est pas en nous serrant plus fort l'un contre l'autre qu'on empêchera quoi que ce soit, au contraire. On ne se rapproche pas l'un de l'autre, on s'éloigne. J'imagine déjà la vie sans toi, et elle ne me plait pas. Sauf que je n'ai pas le choix, les jeux sont faits depuis longtemps. Depuis le premier regard. Je ne peux rien te promettre de plus que de ne jamais t'oublier, de ne jamais laisser s'effacer nos souvenirs brouillons. Même loin de moi, tu m'accompagneras à chaque seconde, dans le coin de mon coeur qui ne sera qu'à toi, à jamais.

# Posté le dimanche 16 août 2009 15:52

# WHAT IF I FELL TO THE FLOOR?

# WHAT IF I FELL TO THE FLOOR?



Qu'est-ce que tu racontes? C'est une fatalité de perdre les gens? C'est une fatalité de les voir s'éloigner? Mais non, je la refuse, ta fatalité. Je crache dessus, je la jette au sol, je la piétine. Si les gens s'oublient, c'est parce qu'ils l'acceptent. Parce qu'ils veulent bien. Parce que ca leur parait plus facile, plus simple. C'est épuisant, de courir après les autres, de leur demander de rester. Tu n'aimes pas demander, toi, je le sais. Moi, j'ai appris à ravaler ma fierté, et à dire je ne veux pas que tu partes. Sauf une fois... Mais cette fois-là, ce n'est pas un ami que j'ai perdu, c'est moi toute seule. Je me suis laissée m'éloigner. Je voulais oublier. Je n'avais pas le choix, je ne pouvais pas. Pas avec la vie que je me faisais. Si je n'avais pas fait ca, je serais morte. Je serais devenue folle. Je n'aurai pas pu, je te jure, je n'aurai pas pu. Je n'étais pas de celles qui acceptent, justement. Je ne le suis toujours pas, je crois. Je ne sais plus vraiment. J'ai oublié, j'ai tout perdu. Ca a un prix, de continuer à avancer, et il est salement élevé. Je ne fais pas du surplace, je ne m'effondre pas, je ne m'enfonce pas dans un trou sans fin. Enfin, j'espère. Peut-être que j'ai aussi oublié, en m'oubliant, comment on distingue le haut du bas, et que je confond tout.

# Posté le mardi 28 juillet 2009 19:10

# THIS IS THE LIFE.

# THIS IS THE LIFE.

Tu me fatigues, mon amour. Il faut que tu t'y fasses, je suis désolée, tu ne peux pas tout changer, tu ne peux pas tout comprendre. Il n'y a pas de raison pour qu'on soit ici, il n'y a pas de raison pour tout ce qu'il nous arrive. Tu refuses de croire à quoi que ce soit. Tu t'épuises à chercher un sens à la vie qu'on mène, mais il n'y en a pas. Tu perds ton temps. Les choses vont et viennent, les gens changent, tout se perd. Il n'y a pas de vérité, à part celle-ci : on ne peut pas se permettre de perdre tant d'énergie à réclamer des réponses qui ne viendront jamais. La vie est trop courte et tout ce qu'il y a à faire, c'est en profiter. Alors, viens, prends ma main, embrasse-moi, allonge toi près de moi, on va regarder les nuages sous le soleil.

# Posté le mercredi 24 juin 2009 10:46